Jean Jacques Deleval
° 1945
L'ère offre de nombreuses possibilités à celui qui affectionne l'image et qui s'est perfectionné dans les nouvelles techniques de création des images, de manipulation et d'aliénation de la réalité, afin qu'en définitive une nouvelle réalité puisse naître qui a l'air réelle, mais qui est pourtant une falsification, un rassamblement délibéré de diverses entités. Ainsi apparait ce qui n'existait pas et naît quelque chose de totalement nouveau. Le technicien, dans ce cas l'artiste devenu un initié, se transforme ainsi en une sorte de magicien qui peut créer à son gré une nouvelle silhouette ou qui peut faire basculer une icône existante dans un autre méchanisme que celui qui est évident. C'est largement le cas avec les tableaux de Deleval qui ont pour point de départ des photo's de pin-up, dont certaines nous sont très familières, et des images ou des illustrations de Mickey Mouse ou de son homologue féminin.
Ces photos sont la base à partir de laquelle est mise en oeuvre la métamorphose digitale réalisée par ordinateur. Deleval a bénéficié d'une solitude formation, entre autres à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Par la suite, il est parti à Rome se perfectionner dans les techniques de restauration, à ce que l'on dit sur les conseils de Dali en personne. Ceci signifie que l'artiste en sait long sur la peinture et sa composition, sur la restauration et l'imitation et sur le traitement poussé de tout ce qui a trait à la peinture. Il a d'ailleurs été actif comme restaurateur au Louvre ainsi que dans l'atelier de restauration du marchand de tableaux Daniel Wildenstein. L'artiste se partage entre Bruxelles et l'île de Formentera où il réside.
Il est assez évident qu'un artiste qui a des connaissances énormes des techniques anciennes et moins anciennes et qui éprouve quelque intérêt pour ce qui est contomporain se mette à étudier et puis finalement à exercer les possibilités gigantesques offertes par les manipulations d'images gérées par ordinateur. De nombreux posters et affiches auquels nous sommes confrontés tous les jours sont traités, parachevés en fonction d'une pensée ou d'une influence par le biais d'un language imagé devenu idéal. Les boutons sont éliminés, les lèvres sont gonflées ou deviennentplus fines en fonction des besoins, ici l'on rajoute quelque chose et là on enlève autre chose. Le modèle ne se reconnaît plus. La réalité présentée tient plus de la fiction que ce qui passe pour être fictif.